8 juillet 2018

« Il fait tout à merveille » (Marc 7:37)

« Ils étaient dans le plus grand étonnement, et disaient : Il fait tout à merveille » (Marc 7:37) Cette expression d’admiration se rapporte à la guérison d’un sourd muet par Jésus. Il y a une grande solennité dans l’accomplissement de ce miracle. Jésus, comme il le faisait souvent, lève les yeux au ciel, où son regard cherchait auprès de Dieu toute lumière et toute puissance ; il soupire, soit en faisant monter vers Dieu son ardente prière, soit par la douleur qu’il éprouvait en prenant sur lui nos infirmités ; enfin il prononce la parole puissante qui rendra à ce malade l’usage de l’ouïe et de la parole : Ephphatha !

Partout, on racontait qu’un faiseur de miracles enseignait les gens dans la région. Dans tout le pays, on murmurait que cet homme était le Messie promis et qu’il était en train d’annoncer le message de Dieu. Il n’était pas aussi célèbre en Galilée et aux alentours qu’à Jérusalem, et beaucoup, dans la foule, se demandaient qui était cet homme et ce qu’il enseignait. On perd souvent espoir quand on a enduré la maladie, les échecs, les regrets, l’injustice et de multiples autres épreuves qui brisent le coeur ; aussi les gens se pressaient-ils pour écouter Jésus. Ils voyaient des personnes qui, comme eux, avaient perdu espoir être guéries. À la fin, ils étaient bouleversés et émerveillés : enfin un homme à qui ils pouvaient faire confiance ! Ils prirent une décision. Leur conclusion fut décisive et ils n’eurent plus le moindre doute : « Il fait tout à merveille ! »

Rien n’est plus réconfortant que cet instant de résolution. Face aux circonstances désespérantes de la vie, quand la maladie dure et qu’après avoir remporté une bataille, de nouveaux ennuis surgissent, lorsque les cieux semblent silencieux alors que les besoins sont criants, qu’il est doux de se sentir apaisé et réconforté en réalisant qu’ « il fait tout à merveille ! »

Le texte ne nous précise pas combien de personnes étaient dans la foule. Il ne décrit pas en détail ce voyage insolite, en dehors des limites du ministère habituel de Jésus. En fait, on pourrait dire que le principal but du récit de Marc est simplement de parvenir à la conclusion irréfutable que tout ce que fait Jésus, il le fait merveilleusement bien.

Son long voyage révèle aux disciples et à tous les chrétiens trois principes de foi. Premièrement, quoique parfois, nous désirions que nos désirs s’accomplissent au plus vite, Jésus suit son propre rythme. « Lors donc qu’il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était, » (Jean 11:6). Deuxièmement, bien qu’il s’adresse à des multitudes, Jésus traite chaque personne de façon particulière. Troisièmement, alors que la foule était surtout captivée par les miracles, Jésus mettait à l’honneur le message et non le messager.

En fin de compte, les foules étaient persuadées qu’on pouvait lui faire confiance. Quand certains se retrouvaient en situation désespérée et qu’ils ne savaient plus où se tourner, Jésus était Celui qui faisait tout à merveille.

JÉSUS SUIT SON PROPRE ITINÉRAIRE 

Les disciples savaient que pour aller de Tyr à la mer de Galilée, on ne devait certainement pas passer par Sidon. Si l’objectif du voyage était d’atteindre au plus vite les rives sablonneuses du lac, la route directe était évidemment la meilleure. Mais Jésus choisit l’itinéraire le plus approprié à la poursuite de son plan. Si le chemin qu’il emprunte est parfois plus long, son plan est infaillible en toute situation.

Le texte nous présente les grandes étapes de son voyage : « Jésus quitta le territoire de Tyr, et revint par Sidon vers la mer de Galilée, en traversant le pays de la Décapole » (Marc 7.31). Pour la plupart d’entre nous, ces villes sont lointaines et peu familières, mais les disciples savaient par expérience que le voyage serait long. Certains ont estimé qu’il fallait huit mois pour parvenir à destination. Mais ce n’était pas au terme du voyage que se trouvait l’objectif à atteindre ; c’était le voyage lui-même qui comptait.

Matthieu raconte cette histoire en ses propres termes et avec plus de détails. Les miracles étaient nombreux, les foules de plus en plus grandes. Jésus enseignait, mais en filigrane, un phénomène encore plus grand se produisait. Pendant huit mois, les disciples ont regardé le Maître travailler parmi les foules. Ils l’ont entendu leur parler en privé des Écritures et du royaume. Selon le récit de Matthieu, c’est à la fin de cette longue période passée ensemble que les yeux de Pierre se sont ouverts et qu’il a déclaré que Jésus était le Christ, le Fils du Dieu vivant (Matthieu 16.13-19).

Quelle leçon pour les disciples de Jésus ! Au cours du voyage de la vie, il semble parfois que Jésus adopte la méthode la plus longue et la plus lente pour résoudre nos problèmes. Quand nous attendons anxieusement, notre coeur est toujours en proie aux doutes. La foule se demande où est Celui qui guérit et pourquoi il la fait attendre. Combien il est tentant de vouloir faire passer nos circonstances dramatiques avant son objectif ! Le long voyage depuis Tyr nous rappelle à tous qu’en son temps, Jésus croisera certainement notre chemin. Nous pouvons lui faire confiance, même quand il semble avoir du retard ou un empêchement. Nous attendons avec foi et patience le moment où nous serons, nous aussi, émerveillés par son temps parfait et où nous proclamerons avec les multitudes : « Il fait tout à merveille ! »

JÉSUS S’ADAPTE À CHACUN EN PARTICULIER

« Il le prit à part loin de la foule » (Marc 7.33). Avant de répondre aux besoins de l’homme sourd, Jésus a commencé par considérer ses besoins personnels et la meilleure façon d’y pourvoir. Au lieu de le donner en spectacle au risque de l’embarrasser devant la foule, il l’a pris à part pour le bénir en privé.

Cette preuve de tact de la part du Maître face aux besoins personnels de cet homme nous fournit des indices sur son ministère. Il est important de se souvenir que tous ne sont pas guéris sur l’estrade. Tous ne sont pas baptisés du Saint-Esprit sur le devant de l’église. Tous n’acceptent pas Christ comme leur Sauveur personnel à la fin d’une réunion. Certains des plus grands miracles actuels de Jésus se produisent à l’insu de la foule et hors de portée des caméras.

Jésus connaît les besoins de chacun, mais il sait aussi à quel moment et à quel endroit y pourvoir. Si certains viennent à Christ dans une cathédrale aux vitraux multicolores, qu’il est rassurant de savoir qu’on peut le trouver à toute étape du voyage de la vie ! Autrefois, l’église avait coutume de chanter ce vieux cantique : « Tel que je suis, je viens à toi. » Qu’il est merveilleux de se souvenir qu’en fait, « tel que je suis, il vient à moi » !

Pour nous aujourd’hui, il est difficile d’imaginer Jésus mettant ses doigts dans les oreilles de l’homme et crachant pour humecter sa langue. Réaliser que les actes de Jésus étaient destinés à aider cet homme à saisir ce qui allait lui arriver nous aidera à mieux comprendre sa manière d’agir. Dans la culture de l’époque, c’était une sorte de langage des signes. De plus, on croyait que la salive avait des pouvoirs curatifs. Après avoir conduit cet homme loin de la foule, Jésus lui a évité d’être embarrassé en public, et il lui a rendu à la fois l’audition et la parole.

Combien sont venus à l’église en quête de réponses, mais ont été humiliés et embarrassés sans nécessité, puis laissés de côté sans que leurs besoins soient comblés ? Il est merveilleux de savoir que Jésus permet aux gens de venir à lui tels qu’ils sont. Il laisse les introvertis être introvertis et les extravertis être extravertis. Jésus a montré à ses disciples que les extravertis doivent apprendre qu’il est normal que certains soient timides et tranquilles, et qu’à l’inverse, les introvertis doivent apprendre que certains aiment être au micro. Quand Jésus intervient dans notre vie de façon personnalisée, il est clair pour tous qu’ « il fait tout à merveille ».

JÉSUS SE CONCENTRE SUR LE MESSAGE, ET NON SUR LE MESSAGER

On enseigne beaucoup, de nos jours, sur le ministère et la formation de disciples selon la méthode de Jésus. On constitue des petits groupes de serviteurs de Dieu structurés comme l’équipe des disciples. On promeut la constitution d’équipes de deux évangélistes. Parfois, on examine le style de ministère de Jésus et on en tire une formule destinée à mieux faire comprendre à la communauté chrétienne quelles activités stimulent la croissance et le ministère de l’église.

Au milieu de la multitude de méthodes qui sont à notre disposition actuellement, notons que le plus grand serviteur de Dieu de tous les temps a agi plusieurs fois totalement à l’inverse des tendances actuelles. À cause de l’amalgame des paradigmes bibliques et commerciaux du ministère des dirigeants des églises, il est difficile d’imaginer que ces derniers suivent l’exemple de Jésus et ordonnent à la foule de ne pas parler de leur ministère. Pourquoi Jésus répugnait-il tant à faire de la publicité et à devenir célèbre ? Entre autres, il semble que c’est parce qu’il voulait que ses disciples se focalisent sur le message et non sur le messager.

Quand des multitudes de personnes se sont assises devant lui lors du sermon sur la montagne, lorsqu’il a nourri 4000, puis 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants, il ne nous est pas dit qu’il ait ordonné :

« Suivez-moi ! » À cette occasion, certains pensent sans doute qu’il a laissé passer une opportunité rêvée de gagner à lui une multitude de croyants. Quelle merveilleuse réunion d’évangélisation ! Toutefois, Jésus avait l’habitude de dire : « Suis-moi » à des individus qui devenaient alors ses disciples, mais à orienter les foules vers son Père. Son objectif était clair et invariable : il mettait toujours l’accent sur son message.

Malheureusement, certains prédicateurs actuels font de gros efforts pour attirer à eux des disciples. En réalité, nous sommes des messagers, comme des chauffeurs d’un bus de location. Notre mission consiste à conduire nos passagers jusqu’à Celui qui peut les sauver, les guérir, les baptiser et les conduire au repos éternel. Il serait vraiment ridicule pour un conducteur de bus qui conduirait ses passagers à un grand rassemblement de prétendre être le principal centre d’attraction ou d’essayer d’attirer l’attention sur son bus ! Dieu nous incite plutôt à conduire les hommes à destination : « Il faut qu’il croisse et que je diminue » (Jean 3.30). Jésus lui-même, malgré sa valeur incomparable, évitait d’attirer l’attention sur lui. Il orientait plutôt les hommes et les femmes vers le message qui apporte la vie et l’espoir.

CONCLUSION

Le monde propose une vaste gamme de remèdes instantanés aux problèmes de la vie. Malheureusement, ces remèdes sont chers et ne produisent guère de résultats. En fin de compte, les gens étaient enchantés : non seulement ils étaient guéris ou libérés, mais leur enthousiasme était dû au fait qu’ils avaient trouvé plus qu’une réponse aux problèmes de leur vie. Ils avaient découvert que même si parfois, Jésus prenait plus de temps qu’ils l’auraient voulu et si ses méthodes variaient d’une personne à une autre, son message était validé par le Père. Oui, ils pouvaient avoir pleinement confiance en ses paroles et en son ministère, quels que soient les défis de la vie. Cet homme faisait vraiment « tout à merveille ».

▶ Si vous êtes consterné que vos prières ne soient pas encore exaucées, souvenez-vous qu’ « il fait tout à merveille ».

▶ Si vous vous sentez laissé pour compte ou oublié alors que les autres sont bénis, souvenez-vous qu’ « il fait tout à merveille ».

▶ Si vous avez envie que de grandes choses se produisent et que vous rêvez de remplir votre bus, mais que rien ne se passe et que votre bus reste vide, souvenez-vous qu’ « il fait tout à merveille ».

Où que vous soyez parvenu dans votre voyage, souvenez-vous que Jésus n’oublie pas votre situation. Il sait où vous en êtes, il connaît vos besoins personnels et vous pouvez lui faire totalement confiance. Quand vous aurez surmonté votre épreuve actuelle et que vous regarderez derrière vous, soyez sûr qu’à l’instar des foules de la Décapole, vous pourrez dire : « Il a tout fait à merveille… pour moi ! »

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